Les Mythes
Mythe 1 : Les étudiants ne font pas leur part
Malgré le gel des frais de scolarité, la facture étudiante a constamment augmenté depuis 1994 au Québec. Conséquemment au désengagement financier des gouvernements québécois successifs, les administrations universitaires ont contourné « l'esprit » du gel des frais de scolarité en imposant aux étudiants des frais dits « champignons » (frais technologiques, frais de gestion).
Entre 1994 et 2007, ces frais accessoires ont augmenté de plus de 300% au Québec.

Résultat : la facture étudiante a augmenté en fonction de l'augmentation du coût de la vie depuis le « gel » de 1994.
Contrairement à ce que les libéraux affirment pour justifier le dégel, les étudiants ont amplement « fait leur part » au cours des dernières années.
Mythe 2 : Le gel des frais de scolarité est une subvention aux riches
Les partisans du dégel clament que les frais de scolarité trop bas constituent une subvention aux étudiants provenant des milieux socioéconomiques favorisés. Il n'y a rien de plus FAUX Les mieux nantis de notre société contribuent déjà davantage au financement du réseau d'éducation par notre système d'impôt qui prévoit qu'un contribuable paie plus ou moins d'impôt en fonction de son revenu ou ce que les économistes appellent la taxation progressive. Ici, il s'agit de déterminer QUAND et COMMENT nous voulons que l'éducation universitaire soit financée. Pour maintenir l'accessibilité aux études postsecondaires, nous croyons que ce coût devrait être absorbé dans sa très grande partie par les impôts progressifs sur le revenu. C'est encore et toujours la meilleure manière de répartir équitablement le coût du réseau universitaire québécois.
Mythe 3 : Les prêts et bourses compenseront pour le dégel
Lorsque la ministre de l'Éducation, Michelle Courchesne, est interrogée sur le dégel des frais de scolarité, elle ne manque jamais de vanter la bonification de 31,2 millions $ au régime de prêts et bourses (Aide financière aux études, AFE) au mois de juin 2007. Si on ne peut pas s'opposer à un réinvestissement dans l'AFE, on constate que ce dernier est nettement insuffisant. Le Conseil supérieur de l'éducation (un organisme gouvernemental chargé de conseiller la ministre) estime qu'il faudra environ 120 millions $ par année supplémentaire pour que le régime de prêts et bourses soit à même d'accomplir de manière adéquate, soit beaucoup plus que les 31,2 millions $ annoncés par le gouvernement. Cette bonification est d'autant plus insuffisante que l'État québécois a économisé 71 millions $ depuis 2002 en « gelant » le montant maximum des dépenses admises, c'est-à-dire les dépenses personnelles qui peuvent être comptabilisées par l'étudiant pour déterminer l'aide financière à laquelle il a droit. La bonification de 31,2 millions $ démystifiées : 
Mythe 4 : Le « gel » des frais de scolarité a causé les problèmes financiers des universités
Il y a rarement unanimité lorsqu'il est question d'éducation postsecondaire au Québec. Qu'il soit question des frais de scolarité, de la place du privé ou de l'aide financière, les acteurs du monde universitaire ne sont pas sur la même longueur d'onde. Une exception confirme cette règle : les universités québécoises sont sous-financées. Pour la totalité des intervenants du réseau universitaire, il s'agit d'une situation inacceptable qui menace la qualité de l'éducation. La CRÉPUQ ( la Conférence des recteurs et principaux des universités du Québec ) évalue le sous-financement du réseau universitaire à 400 millions $ par année. Quant aux cégeps, ils estiment leur manque à gagner à 300 millions $. D'où vient ce sous-financement? Lors de l'arrivée au pouvoir des libéraux de Jean Chrétien en 1993, l'objectif d'atteindre le déficit zéro a donné lieu à une vague de coupures qui n'épargnèrent pas l'éducation. Les transferts aux provinces en matière d'éducation ont ainsi été réduits de 2,2 G$ par année entre 1995 et aujourd'hui. Ces coupures ont fait chuter de 50% le financement fédéral en proportion des budgets des provinces pour l'éducation postsecondaire entre 1990 et 2007 passant de 15% à 6,5%. L'inflation et la hausse de l'achalandage prises en compte, les 10 provinces canadiennes estiment ce manque à gagner pour l'éducation postsecondaire à 4,9 milliards $ en 2007. De ce montant, le Québec obtiendra approximativement le quart, 1,2 milliards $, soit amplement pour régler le sous-financement de ses universités et cégeps. La solution Lors de la campagne électorale qui a précédé son élection en janvier 2006, le chef du parti conservateur, Stephen Harper, avait promis un réinvestissement dans les transferts pour l'éducation postsecondaire. Plus d'un an et demi plus tard, le gouvernement n'a toujours rien annoncé à ce sujet. La solution est simple : le gouvernement de Stephen Harper doit respecter son engagement en rétablissement le financement du fédéral au niveau de 1994, en injectant donc 4,9 milliards $, et ce, d'autant qu'Ottawa engrange des surplus budgétaires massifs depuis plusieurs années.
Mythe 5 : Le dégel va régler les problèmes budgétaires des universités
Les étudiants québécois débourseront 285 millions $ de plus au cours des cinq prochaines années pour fréquenter l'université dans l'éventualité où les frais de scolarité augmentent au rythme prévu par le gouvernement Charest. De ce montant, un partie (environ 25%) ira au régime de prêts et bourses (AFE) en vertu de règlements gouvernementaux. Ce qui signifie que les universités engrangeront approximativement 213,75 millions $ supplémentaires au cours des cinq prochaines années en vertu du dégel Charest, soit 42,57 millions $ en moyenne par année. Rappelons que les administrations universitaires estiment le sous-financement annuel des institutions à 400 millions $, institutions dont le budget combiné est de 4,2 milliards $. Après cinq années de dégel, l'augmentation des frais de scolarité ne rapportera que 71,25 millions $ aux universités. Les étudiants paieront alors 500$ de plus par rapport à l'année 2006-2007. De toute évidence, le dégel ne réglera pas de manière significative le sous-financement des universités et, par conséquent, n'améliorera pas sensiblement la qualité de l'enseignement tout en entamant l'accessibilité. Le jeu n'en vaut pas la chandelle. Le dégel n'est pas la solution.
Mythe 6 : Le dégel est « rentable » pour le gouvernement
La hausse des frais de scolarité proposée par le Parti libéral rapportera 285 millions $ à l'État au cours des cinq prochaines années. Au cours des derniers mois, le gouvernement a annoncé les trois mesures compensatoires suivantes pour, selon lui, aider les parents et étudiants à absorber la hausse des frais de scolarité : 1 ) Création d'un Régime enregistré d'épargne-étude qui lui coûtera (192 millions $ sur cinq ans) 2 ) Mise en place de nouveaux crédits d'impôt (34 millions $ sur cinq ans) 3 ) Bonification du programme de prêts et bourses (156 millions $ sur cinq ans) Au total, le gouvernement consacrera donc 382 millions $ sur cinq ans pour ces trois mesures compensatoires alors que le dégel des frais de scolarité rapportera 285 millions $ à l'État.  N'aurait-il pas été plus judicieux d'investir directement ces 382 millions $ dans le réseau universitaire et de conserver le gel des frais de scolarité? Des telles incohérences prouvent que le gouvernement de Jean Charest n'a pas de véritable vision en matière d'éducation postsecondaire.
Mythe 7 : Le gouvernement Charest a réinvesti dans les universités
Il a plutôt maintenu le statu quo. Lorsque la ministre de l'Éducation, Michelle Courchesne, est interrogée au sujet de dégel des frais de scolarité, elle finit invariablement par affirmer que le budget des universités a été majoré de 625 M$ au cours des dernières années. «Je n'accepte pas que le député dise qu'on fait des économies sur les dos des étudiants. Notre gouvernement est résolument engagé dans la lutte contre la pauvreté. Nous avons investi 625 millions dans le système universitaire depuis 2003» - Michelle Courchesne, le 13 juin 2007. Ce qu'omet de préciser la ministre, c'est que la presque totalité des 625 millions $ ajoutés dans le réseau universitaire n'ont servi qu'à absorber l'augmentation des « coûts de système », ce qu'on appelle plus communément l'inflation! En clair, le gouvernement n'a pratiquement pas ajouté d'argent supplémentaire pour régler le sous-financement du réseau universitaire. Ce dernier est maintenant évalué à 400 M$ par la Conférence des recteurs et principaux du Québec (CREPUQ), l'organisme qui représente les administrations universitaires québécoises. À preuve, examinons ce que la CREPUQ déclarait à ce sujet suite aux dépôts des trois derniers budgets provinciaux. Budget 2007-2008 « Alors que nos voisins et concurrents continuent d'investir dans leur système universitaire, force est de constater que l'état de sous-financement de nos universités perdurera l'an prochain, et qu'elles n'amélioreront pas leur position relative par rapport aux universités des autres provinces ». – Communiqué CREPUQ, 25 mai 2007 Budget 2006-2007 «Les chefs d'établissement universitaire ont accueilli avec déception et inquiétude le budget que vient de présenter le ministre des Finances du Québec, qui ne comporte aucun réinvestissement dans les universités. La déception est d'autant plus vive que les attentes sont grandes, connues, bien documentées et largement partagées» -Communiqué CREPUQ, 23 mars 2006 Budget 2005-2006 « Le sous-financement cumulatif des universités québécoises par rapport à celles des autres provinces, qui s'accroît au rythme de 375 M $ par année, continue de nous inquiéter » - Communiqué CREPUQ, 21 avril 2005. La CADEUL réclame un VÉRITABLE réinvestissement public dans les universités québécoises.
Mythe 8 : Il faudrait rejoindre la moyenne canadienne
Les partisans du dégel des frais de scolarité comparent souvent les frais de scolarité québécois avec ceux des autres provinces canadiennes ou des États-Unis. Pour se faire une véritable idée sur cette question, nous croyons qu'il est pertinent de se comparer avec l'ensemble des pays industrialisés.  À la vue de ce graphique, on constate que le Canada est l'un des pays où les études universitaires sont les plus chères au monde et que les frais de scolarité au Québec sont déjà plus élevés que dans la majorité des pays d'Europe dont la Finlande, l'Autriche et la Suisse. Ajoutons que les pays où les frais de scolarité sont moins chers affichent souvent des taux de scolarisation très enviables. Ainsi, parmi les 10 pays de l'OCDE les plus scolarisés : - 6 n'exigent pas de frais de scolarité ;
- 3 exigent des frais inférieurs à ceux du Canada ;
- 1 seul exige des frais supérieurs à la moyenne canadienne.
Contrairement aux prétentions de certains groupes en faveur du dégel, nous croyons que le modèle québécois, tel qu'élaboré lors de la Révolution tranquille, est un succès. Au pays, le Québec a : - les frais de scolarité les plus bas;
- le taux d'endettement étudiant le plus bas;
- le taux de scolarité postsecondaire (les cégeps et universités) le plus élevé.
Quant à la scolarité universitaire, le Québec est dans la moyenne canadienne, comparable aux taux de l'Alberta et du Manitoba. Nous sommes persuadé qu'hausser les frais de scolarité ne contribuera pas à faire monter cette proportion. 
Mythe 9 : Les étudiants pourraient travailler davantage
« Les étudiants de 18 à 24 ans n'ont jamais été aussi actifs sur le marché du travail pendant l'année scolaire » - Statistique Canada Taux d'emploi pendant l'année scolaire des étudiants à temps plein, selon le groupe d'âge, Canada, 1976-1977 à 2004-2005  Source : Enquête sur la population active, Statistique Canada, Octobre 2006 On constate que la cohorte générationnelle dont fait partie la plupart des parents des jeunes - ainsi que les décideurs du dégel - étudiant présentement à l'Université Laval travaillait moins que leurs rejetons. Le taux d'emploi chez les jeunes Canadiens étudiant à temps plein, entre 18 à 24 ans, est en effet passé de 27% à un plus de 45% en moins de 30 ans, note Statistique Canada dans une « Enquête sur la population active », dévoilé en Octobre 2006. Notons que ce taux a augmenté de 6% entre 1998 et 2004.  Toujours dans ce document, on constate qu'entre 18 et 24 ans, un étudiant à temps plein travaillait en moyenne 16,5 heures par semaine en 2004-2005, une hausse de presque 1 heure par rapport à 1997-1998, 15,6 heures. Considérant qu'un étudiant à temps plein devra consacrer plus ou moins 45 heures à ses études (15 heures de cours, 30 pour étudier) et qu'il travaille en moyenne 16,5 heure (donc des semaines d'une soixantaine d'heures), on peut déduire qu'il sera difficile pour lui de travailler davantage advenant une hausse de la facture de ses études.
Mythe 10 : Les moins nantis ont autant de chances d’aller à l’université
À l'heure actuelle, les jeunes des familles les moins nantis vont moins à l'université que ceux des familles plus riches. Les statistiques sont sans appel à ce sujet. Comme le montre le tableau ci-dessous, il y a un lien direct entre le revenu familial et l'accession à l'université.  On constate que les jeunes provenant des familles ayant un revenu supérieur ont deux fois plus de chance d'accéder à l'université que les jeunes les moins bien nantis, 39% contre 19%. La facture étudiante est dite « régressive » c'est-à-dire qu'elle est la même pour tous, peu importe le revenu, à l'instar du permis de conduire ou des tarifs d'électricité par exemple. Si les plus riches paient le même montant que les plus pauvres, cela signifie que ces derniers doivent consacrer un pourcentage plus important de leur revenu pour fréquenter l'université. .  On comprend ici que le fardeau des frais de s'alourdit pour les moins nantis. Il n'est pas question ici d'occulter les autres facteurs qui pourraient expliquer que les pauvres ne fréquentent pas autant l'université que les riches. Les causes à l'origine de ce phénomène sont complexes. Une certitude : hausser les frais de scolarité ne réglera pas le problème!
Mythe 11 : Les universités coûtent une fortune à l'État
Pour l'État, financer les études postsecondaires est un investissement très rentable. Chaque dollar investi pour former un diplômé du secondaire jusqu'au niveau universitaire rapporte près de 8$ au Québec puisque l'État reçoit un montant beaucoup plus important en taxes et impôts.  On peut constater qu'investir dans la formation universitaire constitue une avenue stratégique pour une société. En effet, elle en retire d'importants bénéfices sociaux et économiques. Ici, il s'agit de déterminer s'il est préférable de payer nos études lorsque nous sommes à l'école, en s'endettant, ou de les payer par le biais de nos impôts - donc proportionnellement au revenu - lorsque nous serons sur le marché du travail. Pour maintenir l'accessibilité aux universités, nous croyons qu'il est plus juste socialement de privilégier la deuxième option. Calculé à partir de : Demers, Marius, Bulletin statistique de l'éducation - La rentabilité du baccalauréat, Ministère de l'Éducation, du Loisir et du Sports, 2005.
Mythe 12 : Les étudiants étrangers doivent faire face au même dégel
La facture des étudiants étrangers a augmenté encore plus rapidement que celle des résidents du Québec au cours des derniers mois.
En juin dernier, la ministre de l'Éducation, Michelle Courchesne, a annoncé, qu'en plus de subir le dégel comme tous les autres étudiants, les frais particuliers aux étudiants étrangers, les frais forfaitaires, seraient automatiquement haussés de 5%. Elle a également annoncé qu'elle autorisait les universités à augmenter ces mêmes frais d'un autre 10% à leur gré.
L'exemple de l'Université Laval
Pour chaque crédit, l'étudiant étranger doit débourser entre 306,60 et 348,60$ supplémentaires - par crédit - dépendant d'un domaine d'étude - que les résidents québécois.
En additionnant les frais de scolarité et autres frais, un étudiant étranger devra débourser entre 5697,15 $ et 6327,15 $ pour une session de 15 crédits, soit entre 11 394,30 $ et 12 654,30 $ pour une année.
Rappelons qu'avant la rentrée 1997-1998, les étudiants étrangers payaient les mêmes frais de scolarité que les étudiants québécois à l'époque, soit 1668$. La ministre de l'Éducation de l'époque, Pauline Marois, avait décrété le dégel des frais pour les étudiants étrangers.
En dix ans, on constate que la facture des étudiants étrangers a été multipliée par six ou sept fois.
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