jeu 8 nov 2007
Un dégel quoi?
Posté par webmestre dans Frais de scolarité, Politique
Dans son dernier éditorial, André Pratte lance la phrase suivante:
“La plupart des gens savent qu’une telle hausse (des frais de scolarité) est à la fois nécessaire, raisonnable et juste.“
Mais qu’est-ce que ces mots veulent réellement dire? Le dégel est-il à ce point la solution miracle à tous les maux de l’éducation? La réponse ici est bien non, malgré que la question exagère les effets donnés à l’actuel dégel. Une chose est sûre, cette affirmation mérite une certaine évaluation.
Le dégel est-il nécessaire? Pourquoi le dégel serait-il nécessaire? Ce qui est nécessaire, c’est le réinvestissement en éducation. Personne n’est dupe, même pas les étudiants, les universités et collèges de notre belle province ont un besoin criant d’argent. La nécessité du dégel découle-t-elle de la nécessité de réinvestissement? Pas absolument, car l’argent peut venir de différentes sources comme par exemple le gouvernement.
Le dégel est-il raisonnable? 30% d’augmentation en cinq, ce n’est pas si raisonnable. C’est même l’équivalent de trois fois l’inflation. La dernière étude commandée par le gouvernement arrivait à la conclusion qu’une telle hausse allait amener une baisse de la clientèle étudiante de l’ordre de 6000 personnes. Dégeler, tout en sachant que cela entraînera inévitablement une diminution de l’accessibilité aux études, n’est pas tellement raisonnable.
Le dégel est-il juste? Juste pour qui? Pour le gouvernement, parce qu’il lui permet de se désinvestir encore une fois d’une de ses responsabilités sociales, pour les étudiants pauvres qui devront s’endetter abusivement pour payer leurs études ou peut-être pour les universités qui continueront de fonctionner à perte de toute façon parce le retour d’argent ne couvre pas leur sous-financement. Il faut arrêter de croire que tout le monde y gagne dans le dégel. L’éducation supérieure devient juste encore plus bourgeoise. En plus, actuellement, les méthodes pour contrer les effets néfastes du dégel sur l’accessibilité sont des mesures fiscales qui serviront encore aux gens qui en ont les moyens d’économiser encore plus avec leur formation. Et est-ce que l’éducation va au mérite? Est-ce que les étudiants qui ont réellement les moyens de payer des frais de scolarité faramineux méritent plus que les étudiants provenant de la classe moyenne ou pauvre de s’instruire? Si c’est ça la justice, au sens ou M. Pratte l’entend, le dégel des frais de scolarité ne fait qu’accentuer une fois de plus les antagonismes sociaux.
Lorsqu’on évalue attentivement les mesures du gouvernement Charest, ce dégel est tout sauf nécessaire, raisonnable et juste. Il est plutôt politique, idéologique et nuisible à l’accessibilité aux études.

9 novembre 2007 à 13:06
Quand les étudiants n’ont pas le désir de manifester, c’est difficile de convaincre les gens que la hausse de frais est injustifiée. Il est même impossible, en ce moment, de les convaincre de la convictions que les étudiants ont en vos arguments.
Il manque, malheureusement ou heureusement, l’action au discours.
16 novembre 2007 à 23:39
André Pratte en remet!
Vous pouvez l’entendre en entrevue à l’Émission les publications universitaires; entrevue dans laquelle ce dernier attaque l’idée de gratuité scolaire et du gel des droits de scolarité.
http://www.publications-universitaires.qc.ca/?p=26
GL
16 décembre 2007 à 17:49
Je suis vraiment désolé de voir que malgré que la Cadeul soit une association étudiante étant supposée faire valoir les intérêts de ses membres, seule l’idée de la gratuité scolaire semble faire son bout de chemin main dans la main avec une grève étudiante. Le récent référendum montre aussi quelles sont les motivations de cette association en diminuant dans les services offerts plutôt que de diminuer dans le personnel. Tant qu’à faire pourquoi ne pas juste engager du monde pour maximiser les dépenses dans les salaires et ne rien donner du tout aux étudiants? Quand on y pense la question n’est pas si farfelue que ça.