Vous avez pu lire dans l’édition de mardi un article écrit par David Patry-Cloutier, paru dans le journal Rue Frontenac, portant sur la hausse appréhendée des droits de scolarité. Le journaliste a contacté plusieurs représentants d’associations étudiantes différents afin de tracer le portrait de ce qui se présente aux étudiants cet automne. (Pour consulter l’article en totalité, cliquez ici).

Barbara Poirier, la présidente de la CADEUL, a édicté les grandes lignes qui animeront notre organisation cette session-ci. Nous allons mettre la priorité sur informer les étudiants à l’interne, c’est-à-dire sur le campus. La situation est fort différente de ce qui a été vécu en 2006-2007, donc les actions ne peuvent pas être les mêmes. Nous allons beaucoup parlés de frais de scolarité, des moyens qui existent et que le gouvernement pourrait mettre en place afin d’éviter aux étudiants d’éponger la facture, et aussi des frais institutionnels obligatoires. Par ailleurs, sur ce sujet, un avis est en cours de rédaction et sera présenté au caucus des associations étudiantes le 18 février prochain.

Nous vous invitons à rester attentifs à ce qui s’en vient sur le campus!

Pour plus d’information, veillez communiquer avec moi et il me fera plaisir de vous aider.
(communications@cadeul.ulaval.ca).

Hausse appréhendée des droits de scolarité    
Nouvelles générales - Éducation
Écrit par David Patry-Cloutier
Mardi, 18 janvier 2011 11:48

Les étudiants québécois fourbissent leurs armes en vue de contrer une nouvelle hausse des droits de scolarité annoncée par le gouvernement libéral. Une lutte qui s’annonce historique, tant le gouvernement semble résolu à aller de l’avant.

Dans les dernières semaines, les représentants étudiants d’un peu partout au Québec ont tenu des rencontres afin de préparer leur réplique au gouvernement de Jean Charest.

Les représentants étudiants sont sortis amers de la Rencontre des partenaires en éducation tenue en décembre à Québec par la ministre Line Beauchamp. «On nous a demandé comment monter les frais de scolarité», affirme le président de la Fédération étudiante de l’Université de Sherbrooke (FEUS), Jérémy Wauquier. «On aurait aimé que le gouvernement n’arrive pas avec une question fermée.»

Le gouvernement Charest jongle avec divers scénarios de hausses, notamment de rejoindre la moyenne canadienne des droits de scolarité, ce qui aurait pour effet de faire bondir la facture des étudiants. Moduler les droits selon les programmes d’études est aussi une avenue envisagée.

«C’est évident que nous ne sommes pas d’accord avec les prémisses du gouvernement. C’était un exercice de communication médiatique plutôt qu’un exercice de consultation», dit le président de la FEUS.

Rappelons que les associations étudiantes, de même que les syndicats, ont quitté les lieux au beau milieu des discussions en signe de réprobation. Ils ont justifié leur coup d’éclat par un manifeste.
Les étudiants ont manifesté à l’automne 2009 contre les projets de loi sur la gouvernance des cégeps et des universités. Photo d’archives Luc Laforce

La grève exclue… pour le moment

Craignant se retrouver devant le fait accompli, le mouvement étudiant se prépare en vue du budget de Raymond Bachand, prévu pour le mois de mars. Aucun moyen de pression n’est exclu, sauf peut-être celui d’une grève générale illimitée, du moins à court terme. En mars, la fin de session approchera à grand pas, minant les chances d’une mobilisation suffisante.

«Si ça passe au budget, ça risque d’être plus à l’automne que le gros mouvement va naître», affirme la présidente de la Confédération des associations d’étudiants et étudiantes de l’Université Laval (CADEUL), Barbara Poirier.

La session d’automne risque d’être plus chaude. La hausse prévue par Québec se traduira tôt ou tard en chiffres sur la facture des étudiants, contribuant à alimenter la grogne chez les futurs diplômés. Le dégel des droits de scolarité, en vigueur depuis 2007, leur a montré à quoi rime une hausse dans leur budget. En 2012, leur facture aura déjà augmenté de 30 %.

«La grève reste une option, c’est un moyen de pression envisagé, mais il faut toujours passer par nos assemblées générales», indique la présidente de l’Association des étudiantes et étudiants de la Faculté des sciences de l’éducation de l’UQAM (ADEESE), Martine Desjardins.

Manifestation nationale

En attendant, les associations étudiantes préparent leurs militants en multipliant les moyens d’informer leurs membres sur la hausse appréhendée. Des coalitions s’organisent entre les étudiants collégiaux et universitaires. «On fait une campagne d’information sur le campus par la distribution de tracts. On donne le maximum d’information possible. Il faut continuer les actions et proposer des mesures alternatives», affirme la présidente de la CADEUL.

Plusieurs associations participeront notamment à une manifestation nationale organisée par l’Alliance sociale et la Coalition opposée à la tarification et à la privatisation des services publics, le 12 mars. La FEUS entend aussi talonner les ministres qui se présenteront à Sherbrooke et se faire visible lors des portes ouvertes de l’Université de Sherbrooke. «On ne peut parler de tout, il y a aussi des actions qui sont gardées secrètes», souligne toutefois le président, Jérémy Wauquier.

Les étudiants tenteront aussi de démontrer au gouvernement que la population n’est pas nécessairement pour une nouvelle hausse des droits. «Contrairement à ce qu’on peut penser, je suis loin d’être certaine que cela fait l’unanimité», affirme Martine Desjardins. Pour elle, l’éducation fait partie des valeurs profondes des Québécois et ceux-ci demeurent sensibles à son accessibilité.

Des troupes motivées

Dans toutes les associations étudiantes contactées, on assure que les troupes sont motivées. «On sent vraiment que les étudiants sont prêts à se défendre, non seulement leurs intérêts, mais aussi les intérêts de la société québécoise», explique Jérémy Wauquier.

Reste à voir si le mouvement parviendra à rallier autant de gens qu’en 2005, alors qu’un mouvement de grève avait touché près de 200 000 étudiants québécois dans une coalition contre la réforme du régime des prêts et bourses. À ce moment, les étudiants avaient fait reculer, du moins en partie, le gouvernement Charest.

Source : http://ruefrontenac.com/nouvelles-generales/education/32547-frais-scolarite-gouvernement-liberal-etudiants-jean-charest